Open data : la France pas si transparente !


L’open data, bien qu’en vogue en ce moment, reste encore cantonné à des projets expérimentaux, du moins en France. Il n’y a pas encore eu de véritable politique nationale pour encourager et favoriser l’ouverture des données publiques, contrairement à d’autres pays notamment les Etats-Unis et le Royaume-Uni. Bien qu’engagés dans une même démarche de mise à disposition des données publiques, les portails gouvernementaux d’Open data conservent des spécificités liées aux contextes juridiques, politiques et culturels.

Innovation pour la France, transparence pour les US et UK

La comparaison des portails Open data mis en place par les gouvernements américain, britannique et, plus récemment, français, bien qu’ils ne soient pas au même stade de développement (le portail français vient seulement d’être lancé en version beta).1 est très instructive quant aux objectifs divergents en matière d’open data.

Alors qu’Etalab met en avant l’innovation et s’adresse avant tout à des développeurs capables de créer des applications marchandes ou non, les portails américains et anglais s’adressent beaucoup plus au citoyen dans une démarche de transparence du travail gouvernemental, pour inciter à une plus grande participation démocratique. Le portail du Royaume-Uni incite à la réutilisation des données pour créer des services aux citoyens et leur procurer une plus grande visibilité du travail du gouvernement. Le gouvernement américain ne suggère aucune forme de réutilisation des données, il se dégage seulement de toutes responsabilités en cas de mauvaise interprétation des données. Les portails américain et anglais laissent une grande part à la participation des utilisateurs avec la possibilité de poster des commentaires, de noter la pertinence des données (portail américain), d’émettre des suggestions (portail britanique), etc. Au contraire, le portail français n’offre pas ces possibilités, ce qu’on peut attribuer au lancement récent de ce portail encore en version beta. Par ailleurs, le portail créé par Etatlab ne fournit que des données en format propriétaire, ce qui est contraire à l’esprit d’ouverture prôné par le mouvement d’Open data.

L’open data : donner du pouvoir à ceux qui en ont déjà ?

Tant dans les discours des acteurs associatifs que dans ceux des acteurs politiques engagés, l’open data est crédité de vertus telles que la transparence, la démocratie et l’innovation. Peu d’acteurs réfléchissent réellement à à l’usage et à la réutilisation des données mises en ligne. Se pose en effet un problème de compétence quant à la capacité d’interprétation et d’éditorialisation des données. Loin d’être ouverts à tout le monde, les portails Open data s’adresse clairement à des développeurs capables de réaliser des applications ou des mash-ups à partir des données brutes disponibles.

_______________________________

Cet article reprend un dossier rédigé par Elodie Soumeillan, Aurélien Pécheux et Anne-Sophie Boyer

About these ads

À propos Anne-Sophie Boyer
"L'état normal d'un homme est d'être un original" Tchékov

4 Responses to Open data : la France pas si transparente !

  1. ansofi dit :

    Effectivement. Merci pour cette précision!
    On peut alors juste s’étonner du fait que les données fournies en format ouvert ne sont pas majoritaires sur le portail data.gouv.fr… ;)

  2. Ping : Open data: citoyenneté et économie sont-ils antinomiques ? « Google my state

  3. Ping : open data | Pearltrees

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

%d bloggers like this: