La réputation par chiffres et par lettres



On en fait les frais depuis quelques années ; pendu aux lèvres des analystes ou autres agences de notation. Moodies ou autre Standard & Poors sont devenus les dieux tout puissant déterminant le beau fixe ou la dépréciation économique de tous les pays.

Entre AAA et AA, ça change quoi? Concrètement, je n’en sais rien. A part, la perte de confiance dans l’économie, des taux de prêts moins intéressant tout cela dû à une simple lettre : « A »…

Là où on s’accroche à une lettre, ailleurs on s’accroche à un chiffre.
La bourse en est un très bon exemple. Un dixième de point de baisse annonce des restrictions budgétaires, des réorientations stratégiques, voire des licenciements.
Les chiffres et les lettres sont les régents de la vie économique certes, mais, par rebond, aussi de la vie sociale.

On pourrait fustiger ce système économique basé sur finalement rien de tangible.
On le fait, on le critique. La crise nous a fait espérer à un changement en profondeur du système financier. Même si à l’heure actuelle, rien n’a changé…
A une autre échelle, en tant qu’internaute, nous sommes tout autant dépendants des chiffres : statistiques de visites, nombre de followers, indice d’influences, qualité du réseau, etc.
L’action gratuite n’existe pas puisque le but recherché est d’accroître son influence, sa réputation pour faire partie de l' »élite »…

Chacun soigne sa réputation
Un pays cherche à accroître son rayonnement politique, économique et culturel à travers le monde en quête du triple A, symbole suprême de la valorisation sur les marchés et donc de la solvabilité. « Plus un pays a une bonne image, plus il attire les investisseurs étrangers », disions nous dans un précédent post.


Les individus valorisent leurs publications, leur réseau, leurs participations à divers événements en quête de valorisation et de reconnaissance sociale. Le système de notation provenant du monde de la finance a empreint même notre façon de juger. Nous faisons plus confiance à un blog qui engrange un grand nombre de visites, à un Twittos ayant un important nombre de followers et à l’avis d’un expert reconnu sur la toile.
Tels de petits actionnaires, nous misons là où tout le monde mise et consultons ce que tout le monde consulte.

Est-ce cela la diversité culturelle amenée par Internet ?
Même les algorithmes des moteurs de recherche se basent sur cette réputation. Nous avions fait état de Page Rank dans un post précédent. De même, le bouton +1 de Google contribue à améliorer la place d’un site dans les résultats de recherche.
La recommandation par des formules mathématiques compliquées contribue à la réputation. Ce que mon réseau me recommande, je suis censée le rechercher, l’apprécier et l’approuver.

Une capacité de jugement anihilée ?
Nous maudissons ces lettres et ces chiffres qui entraînent d’importantes conséquences économiques et sociales pour les pays, mais nous ne remettrons pas en question ces chiffres et algorithmes régnant sur l’écosystème Internet… Les chiffres sont-ils si tangibles qu’on le prétend et qu’on veut le croire ?
Si nous n’y croyons pas à l’échelle des Etats et de la bourse pourquoi y croyons-nous en tant qu’individu connecté ?

Et si le changement de mentalité des traders commençait à notre échelle, par notre propre appréciation des choses, non pas par leur notation mais par la qualité que nous leur accordons par notre seul jugement ?

À propos Anne-Sophie Boyer
"L'état normal d'un homme est d'être un original" Tchékov

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