L’embargo : l’état de siège moderne


Dans les belles histoires de chevaliers et de croisades, de preux guerriers attaquaient des villes fortes ou les soumettaient à un état de siège des jours durant, jusqu’à ce que ces villes cèdent à la pénurie et se rendent. Des sièges réputés il y en a plein les livres d’histoire, Troie, Alésia, Jérusalem…

Du concept de siège, on est passé à celui d’embargo économique. Beaucoup moins contraignant puisque ne mobilisant que peu de monde et restreignant les flux de marchandises par tout moyen de transport imaginable. Ces embargos économiques n’ont pas de contraintes de temps. Pour preuve, le plus connu, celui décrété par les Etats-Unis à l’encontre de Cuba en 1960 est encore en vigueur en 2012 ! L’embargo n’est pas une arme violente, frontale et directe, puisqu’elle vise à plonger dans une pénurie et non pas dans un bain de sang. Cette arme diplomatique a pour objectif de peser dans les négociations et faire pression sur un pays.

Pour prendre un conflit à la une de l’actualité : la situation syrienne.
La Syrie, comme beaucoup d’autres pays, est sous embargo américain depuis des années. Bon nombre de produits étrangers ne sont pas disponibles. Les élites et les hommes au pouvoir ne sont pas les premiers en souffrir : puisque tout se trouve à condition d’y mettre le prix. Même une bouteille de Champomy le jour de Noël 1998 en Egypte ! La population la moins aisée est toujours la première à souffrir en cas de pénurie, de restriction, d’embargo et de conflit.

La faim est le premier levier des peuples. La Révolution française a commencé par une marche se plaignant du prix du pain. Pour rappel, il y a deux ans, des manifestations revendiquant la baisse du prix du pain ont eu lieu dans tout le Moyen-Orient. Mohammed Bouazizi, marchand ambulant de Sidi Bouzid en Tunisie s’est immolé, préférant la mort à la pauvreté. Il a été l’étincelle embrasant tout un pays et amorçant le « Printemps arabe ».

L’objectif de de pression et de négociation de l’embargo se confronte souvent à la résistance d’une population « assiégée », ne comprenant pas l’immixtion d’un pays étranger dans leur quotidien et leur confort économique. Ces résistances sont d’autant plus fortes qu’elles rejoignent des campagnes de communication nationale ou minoritaire contre « l’envahisseur ». Le bon samaritain devient donc l’allié, souvent ennemi de l’ennemi.

Le rapprochement et l’entente cordiale de la Syrie et de l’Iran fait trembler l’Occident et certaines puissances du Moyen Orient. Pourtant ces deux pays ont été jetés dans les bras l’un de l’autre pour faire face aux restrictions économiques dont ils sont victimes. De même, la Chine et la Russie ont plus d’intérêt géostratégique et économique de traiter avec ces deux pays que de suivre tête baissé les injonctions des Etats-Unis.

Le Printemps arabe, notamment la guerre en Libye ou le conflit syrien, annonce l’hégémonie diplomatique chinoise, dans cette région du monde du moins, face aux Etats-Unis imposant des contraintes économiques et des négociations unilatérales. En effet,  la Chine, condamnant les exactions en Syrie, mais souhaitant toujours négocier avec le régime, affiche une position diplomatique plus réfléchie et distanciée que celle des Etats-Unis, du moins aux yeux des populations concernées.

Enfin ceci est mon regard, et le vôtre ?

À propos Anne-Sophie Boyer
"L'état normal d'un homme est d'être un original" Tchékov

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