Syrie : une révolution en otage

De la population déshéritée et des classes moyennes supérieures exaspérées par la corruption, c’est de là que sont partis tous les mouvements révolutionnaires du Monde Arabe. De même en Syrie.

La révolution syrienne a pourtant dépassé la révolte populaire. Elle a été prise en otage par des puissances extérieures qui en ont fait le théâtre d’un conflit où les enjeux économiques et politiques internationaux sont majeurs.

La Syrie est devenu le cœur du conflit entre sunnite et chiite

L’Iran (perse et chiites) et la population chiites sont considérés comme des ennemis par les pays arabes sunnites qui essayent par tous les moyens d’endiguer la prolifération des gouvernements chiites au sein du monde arabe, pour ne pas renforcer la puissance iranienne. L’écrasement de la révolution de Bahreïn par les troupes saoudiennes, en février 2011, en est un exemple.

De manière simpliste et schématique, le jeu des rapprochements d’intérêts oppose deux coalitions :

  •           D’un côté, les pays exportateurs de pétrole, comme l’Arabie Saoudite et le Qatar, souhaitant garder le contrôle de l’or noir, les pays occidentaux dépendant énergétiquement et économiquement de l’OPEP (on l’a bien vu en 1975), Israël qui craint l’extrémisme anti-israëllien de l’Iran, du Hezbollah, du Hamas à ses frontières.
  •           De l’autre côté, l’Iran, l’Irak, la Syrie et  le Hezbollah présent au  Sud du Liban font front contre la suprématie sunnite, les blocus économiques, l’ingérence internationale, soutenus dans une moindre mesure par la Russie (lors de la guerre froide, l’URSS était un allié de la Syrie et de l’Iran) et la Chine.

Quelle rançon sera à payer pour libérer la Syrie de ce poids international ? La population syrienne, elle, paye le prix chaque jour…

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Cet article fait suite à la conférence de Gilles Keppel « The Arab revolution at stake an eyewitness account » le 30 avril 2013 à l’Université d’Edimbourg

Ceci n’est pas un article pour ce blog

Ceci n'est pas une pipeAvertissement au lecteur : ce présent article n’a rien à voir avec la réputation des Etats, les relations internationales ou encore la communication politique !

Durant cette dernière semaine, j’ai utilisé régulièrement Twitter pour partager liens, réflexions et expériences sur le cinéma et notamment sur un événement auquel j’ai participé le weekend dernier : le Festival du Film francophone d’Angoulème (FFA). Mon excitation a été à l’origine de nombreux tweets quelque peu monomaniaques pour quelqu’un qui ne se présente pas, dans sa bio, comme pro ou amatrice du cinéma.
Cet emballement m’a alors valu la perte de quelques followers sur l’ensemble de la semaine. Plus qu’une réflexion comptable, ces ex-followers ont clairement « déserté » en raison de l’éloignement de mes sujets de prédilection auxquels ils étaient « habitués ».

Cette petite anecdote prouve que nous adoptons sur Internet des comportements « de garçon de café » comme dirait Sartre. Un personnage digital se doit de se conformer à ce que son audience (followers, amis, cercle, lecteur, etc.) attend de lui. Il va donc agir et réagir, écrire et commenter selon une ligne éditoriale précise et définie plus ou moins consciement. La preuve : un article critique sur la communication culturelle en général et celle du FFA en particulier sera prochainement publié sur le blog d’un ami, plus adéquat pour l’accueillir que [Googlemystate].

La mise en scène de soi est en fait une éditorialisation de soi. Dire ce que l’on veut paraître et ce que l’on croit que l’on attend de nous, et être ce que l’on dit !


J’ai régulièrement lu des articles de fond (positifs, négatifs ou neutres) sur la multiplication des identités sur Internet. D’où la fameuse illustration, « sur Internet personne ne sait que tu es un chien » ou son corollaire tu peux être tout, même un chien ! Certes, on peut utiliser des pseudos, des personnages, des identités diverses, posséder plusieurs adresses mail, comptes Twitter, Facebook, Youtube et j’en passe.
Cette multiplicité des profils est parfois présentée comme une forme de schizophrénie. Or, la schizophrénie signifie qu’un même individu a plusieurs personnalités.

La multiplication des profils digitaux ne signifie pas une multiplication de personnalités de l’individu IRL, puisque lui seul gère consciemment les différents profils digitaux qu’il a créés, dont chacun représente une partie seulement de sa personnalité.
Nous avons tous des centres d’intérêt variés et des cercles d’amis diversifiés, parfois même éloignés. Et heureusement, puisque c’est de là que vient notre richesse et la preuve de notre curiosité!

Sur internet cette richesse ne peut pas vivre en un seul personnage. Un personnage digital se doit d’être constant, avoir des centres d’intérêt définis, homogènes et stables. On serait joyeux si on imposait ce diktat IRL !
D’où le fractionnement des centres d’intérêt et la création de profils variés sur des territoires digitaux différents ou non. On assiste dont à une hyperspécialisation des territoires et surtout des profils digitaux.

Alors que même vos employeurs connaissent vos goûts, vos compétences, vos intérêts et votre parcours, votre audience internet, elle, n’en entrevoit qu’une infime partie hyperspécialisée et liée à un territoire, donc à un auditoire, déterminé.

Déroger à la ligne éditoriale d’un média est signifiant, mais à celle d’un blog… Surprenant, ou plutôt insignifiant?

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